06.10.2005

La reprise malhonnête du personnage

medium_Louis-Nathaniel_ROSSEL.pngLes pensées, l'histoire et la mort de Louis Nathaniel Rossel sont parfois malheureusement reprises par des personnalités politiques de droite comme de gauche, à mauvais escient.

Louis Rossel, dans une lettre écrite peu avant son assassinat, refusait pourtant que son "assassinat" et son histoire soient ainsi utilisés après sa mort, à des fins politiques malhonnêtes et souvent à des fins personnelles.

 

Je tiens donc à contredire et à corriger certains propos :

- François Crouzet, le 28 février 1998 a écrit sans fondement : "Etrange destin posthume que celui de Louis-Nathaniel Rossel, officier perdu et communard de droite", dans sa critique de l'excellent livre de l'auteur Nîmois Christian Liger : "Le Roman de Rossel". Le qualificatif "communard de droite" est tout à fait inexact.

Rossel est issu d'une famille protestante profondément républicaine (ce qui ne signifie en rien de droite, surtout à cette époque), son père officier avait refusé de prêter serment à Napoléon III, nombre de ses ancêtres furent Camisards. Lui-même, dans ces nombreux écrits est un des premiers à promouvoir l'éducation, et particulièrement celle de la classe ouvière. Il refuse l'élitisme, le monarchisme et son ordre moral conservateur.

Rossel était également un très grand patriote amoureux de son pays, et prêt à tout pour le défendre, lui et les aspirations de son peuple, non de sa seule élite.


- Un site Internet sur le gaullisme prétend même que ce dernier courant s'inspire fortement de "la pensée de Rossel". Bien qu'il y est quelques arguments le justifiant parfois, c'est une erreur (surtout au vu du "gaullisme" actuel) et cela est tout à fait malvenue.

 

- De même lorsque le MRC (de M. Chevènement) se pose en héritier de la Commune et de Rossel, alors que rien ne le permet en réalité. Par ailleurs,

 

- LN Rossel n'était pas un "souverainiste", ni de gauche (plus social), ni de droite (conservateur, néo-libéral).

 

Surtout, il n'est pas concevable que certains extrêmistes de droite comme de gauche (mais dans une moindre mesure) se le réapproprient simplement parce que Rossel était un patriote ou un membre éminent de la Commune.

Le personnage était complexe mais raisonnable. Il refusait l'anarchisme tout comme il refusait l'intolérance et la haine.

Au-delà, c'était un réformiste.

 

Voilà,

Merci,

 

Nicolas Cadène