04.10.2005

La "Terreur tricolore"


A la charnière des mois de mai et juin 1871, pendant et après la " semaine sanglante " au cours de laquelle la Commune est vaincue, deux actions répressives sont successivement menées. La première concerne les exécutions sommaires opérées à travers Paris par les soldats versaillais. Du 21 au 28 mai et jusqu’au 30 mai, des communards ont été fusillés sur-le-champ, au pied des barricades qui venaient d’être enlevées ou dans les prévôtés installées dans les gares, les casernes, les abattoirs, les squares et les jardins publics. C’est cette réalité trouble et difficile que représente Manet (1832-1883) dans sa lithographie Guerre civile. Avec les premiers jours de juin commence le temps de la justice " régulière " que Benoît Malon appellera la " terreur tricolore ". En quelques jours, les troupes de Mac-Mahon raflent plus de 40 000 prisonniers qui sont parqués en divers lieux improvisés à Versailles : dans les casernes, les dépôts et les maisons d’arrêt, à l’Orangerie ou aux Écuries du château. C’est le spectacle de ces hommes et de ces femmes entassés les uns avec les autres que dessine Gustave Courbet (1819-1877) sur l’une des pages du carnet de croquis au fusain où il a consigné quelques scènes de la Commune et de sa répression.