29.03.2007
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30.10.2005
Histoire complète de Rossel
Louis-Nathaniel ROSSEL (09 septembre 1844 à Saint-Brieuc, où son père était en garnison - 28 septembre 1871 à Versailles, fusillé au camp de Satory) était fils d'un chef de bataillon en retraite, Louis ROSSEL (Gardois cévenol, issu d'une famille profondément protestante et républicaine - lui-même a refusé de prêter serment à Napoléon III-, descendant de Camisards), et d'une mère britannique (écossaise), née Sarah CAMPBELL, qui l'avaient élevé dans la religion protestante réformée.
Louis-Nathaniel ROSSEL fit de brillantes études au lycée de Nîmes, au Prythané Militaire de la Flêche et fut admis à l'Ecole Polytechnique et entra deux ans plus tard à l'école d'application de Metz d'où il sortit le second avec le grade de lieutenant.
Dôté d'une remarquable intelligence, joignant à une grande ardeur au travail une austérité toute puritaine, le jeune officier ne tarda pas à se faire remarquer.
Il reçu du Ministre de la Guerre une médaille de 500 francs à la suite d'un concours qui avait été proposé à certains officiers, puis il fit paraître sous le nom de Randal, des articles militaires dans le journal le Temps.
Lorsque paraît en 1869 le dernier volume de la correspondance de Napoléon Ier, Louis-Nathaniel ROSSEL écrivit dans cette feuille deux articles très curieux dans lesquels il démontrait que les livres de stratégie attribués à Napoléon Ier par la commission chargée de publier la correspondance, n'étaient pas et ne pouvaient pasêtre de lui. La commission frappée de la compétence et de l'esprit de ces judicieuses critiques qu'attestaient ces articles, envoya un de ses membres au journal le Temps et dût reconnaître que ROSSEL avait dit vrai.
Cette même année, il fut promu Capitaine et quitta Nîmes (d'où lui et sa famille sont originaires) et Montpellier (où il se trouve en garnison) pour aller en garnison à Bourges.
Lorsqu'il apprit que la guerre venait d'être déclarée à la Prusse (juillet 1870), ROSSEL accourut à Paris pour obtenir du service actif, mais ses démarches resteront infructueuses.
A la nouvelle des premiers désastres, ROSSEL conçut un plan de défense dont il adressa l'exposé au Temps. D'après lui, il fallait appeler tout le pays aux armes, et organiser cette immense levée en petites bandes qui auraient agi séparément, les corps d'armées réguliers ne devant faire que soutenir l'action toujours engagée par les partisans (ROSSEL s'inspira pour cette démarche de la "guerre des Camisards" dans les Cévennes, à laquelle ses ancêtres avaient participé).
Quelques jours après, il fut appelé Metz avant que cette ville fut investie.
Caractère entier, résolu et indomptable, remplit d'une patriotique ardeur, ne put voir sans un profond courroux, la façon dont BAZAINE conduisait les opérations militaires. Apprenant que le maréchal était sans nouvelle de Paris, il tenta, mais sans succès, l'autorisation de tenter de traverser les lignes ennemies pour aller chercher des nouvelles de l'extérieur et en porter de Metz au gouvernement. Bientôt il ne lui fut plus possible de douter que, soit par l'ineptie, soit par la trahison de son chef, l'armée de Metz marchait à sa perte et que la France allait subir le plus grand de ses désastres.
De concert avec un certains nombre d'officiers, il forma alors le projet de faire arrêter et traduire devant un conseil de guerre le maréchal BAZAINE, de le remplacer par un autre général et de tenter un suprême effort pour dégager l'armée du cercle où elle se trouvait enfermée. Mais le complot fut éventé et sur l'ordre de BAZAINE, ROSSEL fut arrêté, enfermé dans le fort de Plappeville, avec le capitaine de Boyenval.
Au moment de la capitulation, un commandant d'état major le laissa volontairement s'échapper. Déguisé en paysan, il parvint à traverser les lignes allemandes, il gagna la Belgique où le premier, dans l'indépendance belge, il protesta contre l'indigence conduite du maréchal, fit un court voyage à Londres où se trouvait sa mère, puis rentra en France et se rendit à Tours, pour se mettre à la disposition du gouvernement de la Défense.
Le ministre de la guerre, M. GAMBETTA, que ROSSEL pu rencontrer grâce à un ami polytechnicien correligionnaire, le chargea alors d'aller dans le nord de la France pour s'assurer de l'état des forces militaires et des moyens de défense dans le pays pouvait disposer.
A son retour, dans les premiers jours de décembre, il fut nommé colonel auxiliaire et directeur du génie au camps de Nevers.
ROSSEL remplissait encore toutes ses fonctions, qu'il jugeait à juste titre quasi-inutiles, lorsqu'il reçut la nouvelle de l'insurrection qui venait d'éclater à Paris (18 mars 1871). Dès le lendemain, il écrivait au ministre de la guerre : "j'ai l'honneur de vous informer que je me rends à Paris pour me mettre à disposition des forces gouvernementales qui peuvent y être constituées. Instruit par une dépêche de Versailles rendue publique aujourd'hui, qu'il y a deux partis en lutte dans le pays, je me range sans hésitation du côté de celui qui n'a pas signé la paix et qui ne compte pas dans ses rangs de généraux coupables de capitulation."
La conclusion de la paix avait causé à ROSSEL, ardeur patriote, la plus vive douleur ; il l'avait manifesté à diverses reprises et partait pour Paris dans l'espoir que le mouvement tournerait au gré de ses espérances.
A peine arrivé, il se mit en relation avec les membres du comité du XVIIème arrondissement, fut présenté au comité central siégeant à l'Hôtel de Ville et reçut le commandement de la légion du XVIIème arrondissement.
La discipline toute militaire qu'il voulut établir dans cette légion (nécessaire pour faire face aux "Versaillais") excita le mécontentement et il fut arrêté le 02 avril. Mais après l'insuccès de la sortie du 02 et 03 avril, on le relacha et sur recommandation du membre de la Commune, Charles GERARDIN, le général CLUSERET le choisit comme chef d'état major.
Après l'institution par la Commune d'une Cour martiale chargée de juger les citoyens qui refusaient de marcher contre l'armée de Versailles (16 avril), ROSSEL fut appelé à présider cette cour et s'y fit remarquer par sa sévérité (qu'il jugeait nécessaire à la résistance de Paris).
Dans la nuit du 29 au 30 avril, MEGY ayant évacué le fort d'Issy, à la suite d'une attaque des troupes du général FARON, la Commune destitue le général CLUSERET, qu'elle regardait comme incapable et désigna pour le remplacer au ministère de la guerre le colonel ROSSEL (30 avril), qui fut chargé de l'iitiative et de la direction des opérations militaires pendant que le Comité central de la garde nationale devait s'occuper des différents services de l'administration de la guerre.
ROSSEL donna à la résistance contre l'armée de Versailles une énergique impulsion. Il fit consigner MEGY, envoya EUDES réoccuper le fort d'Issy, et répondit au colonel LEPERCHE qui, le 30 avril, avait sommé au commandant du fort de se rendre dans un délai d'un quart d'heure : "la prochaine fois que vous vous permettrez de nous envoyer une sommation aussi insolente que votre lettre autographe d'aujourd'hui, je ferai fusillé votre parlementaire conformément aux usages de la guerre".
Le nouveau délégué s'attacha surtout à établir dans les légions communalistes une sévère discipline ; il interdit formellement, le 02 mai, à "tout commandant militaire, officier ou autre fonctionnaire au service de la Commune d'avoir aucune communication avec l'ennemi". Il défendit le 09 mai sous peine de mort de continuer le feu après que l'ordre de le cesser avait été donné et de continuer de se porter en avant lorsqu'il avait été prescrit de s'arréter ; il fit de suprêmes efforts pour organiser l'artillerie, concentrer des armes, réquisitionner des chevaux, mettre de l'unité dans le commandement, arriver à une forte organisation des troupes dont il dirigeait les opérations.
Mais ROSSEL se trouva bientôt en butte à l'hostilité du Comité central, qui l'accusa d'aspirer à la dictature et demanda sa destitution. Voyant, selon ses expressions, "la nullité du comité d'artillerie empêcher l'organisation de l'artillerie, les incertitudes du Comité central arrêter l'administration, les préoccupations mesquines des chefs de légion paralysaient la mobilisation des troupes", il comprit que sa situation n'était plus tenable.
Après la prise du Moulin Saquet et celle du fort d'Issy par l'armée de Versailles (08 mai), ROSSEL qui avait veinement essayé d'organiser 12 000 hommes pour débloquer le fort, se sentit pris d'une colère violente et écrivit cette dépêche qu'il fit aussitôt afficher : "le drapeau tricolore flotte sur le fort d'Issy". Le journal officiel de la Commune essaya de démentir cette nouvelle ; mais la population apprit bientôt que ROSSEL avait dit vrai.
Alors, des bruits de trahison ayant été propagés contre lui, il envoya sa démission à la Commune, dans une lettre où il exposait la situation et les entraves de tout genre qu'il rencontrait dans l'accomplissement de ses fonctions. "Mon prédécesseur, disait-il en terminant, a eu le tort de se débattre au milieu de cette situation absurde. Eclairé par son exemple, sachant que la force d'un révolutionnaire ne consiste que dans la netteté de la situation, j'ai deux lignes à choisir : briser l'obstacle qui entrave mon action ou me retirer. Je ne briserai pas l'obstacle car l'obstacle c'est vous et votre faiblesse ; je ne veux pas attenter à la souveraineté publique. Je me retire et j'ai l'honneur de vous demander une cellule à Mazan."
Le jour même, ROSSEL était arrêté par ordre du Comité de Salut Public et enfermé à la questure sous la garde du membre de la Commune, GERARDIN. Quelques heures après, ROSSEL et ses gardes disparaissaient ; des mandats d'amener étaient lancés inutilement contre eux, et le 15 mai, un projet d'acte d'accusation dénonçait ROSSEL comme un traitre ayant voulu, à prix d'or livrer Paris à Versailles.
ROSSEL resta caché jusqu'au 07 juin suivant. Il fut alors arrêté par la police dans un hôtel du boulevard Saint-Germain, où il s'était fait inscrire sous un faux nom en prenant la qualité de contre-maître des chemins de fer de l'Est.
Conduit à Versailles et traduit devant le 3ème Conseil de guerre, il fut condamné à mort (le 08 septembre). Cette sentence ayant été annulé pour vice de forme, il comparut le 07 octobre devant un nouveau Conseil de guerre, qui le condamna à la même peine, et le nouveau pourvoi en cassation qu'il introduisit sur les insistences de son avocatfut rejeté le 27 octobre suivant.
Pendant ce procès inéquitable, les témoignages de soutient et de sympathie n'avaient pas manqués à l'égard de ce jeune officier, dont tous reconnaissaient la haute intelligence et l'ardent patriotisme. Des pétitions de Metz, Nîmes, Montauban, Paris, les appels du colonel Denfert-Rochereau -héro de la guerre-, de Victor Hugo, de tous les notables protestants, la rencontre du père de Louis-Nathaniel avec Adolphe THIERS (qui voulait faire un exemple), n'ont pas suffit à changer la sentence et à obtenir sa grâce auprès de la commission des grâces qui a pourtant longtemps hésité.
Le 28 novembre 1871, à huit heures du matin, ROSSEL, jeune officier de 27 ans, conduit sur le plateau de Satory avec l'ancien délégué à la sûreté générale FERRE et un ancien serget BOURGEOIS, condamnés à la même peine, tombait foudroyé par les balles d'un peloton d'exécution choisi parmis ses anciens camarades...
20:25 Publié dans Biographie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Politique
14.10.2005
Louis-Nathaniel Rossel
Louis Rossel (Louis-Nathaniel Rossel), né en 1844 à Saint-Brieuc et mort en 1871 à Satory ; homme politique et militaire français.
Il est le seul officier de l'armée française à avoir rejoint la Commune de Paris en 1871 et à y avoir joué un rôle important.
Il est le fils du colonel Louis Rossel (Cévenol Gardois) et de Sarah Campbell (Écossaise), frère d'Isabella et de Sarah ; issu d'une famille bourgeoise protestante nîmoise et saint-jeannaise, descendant de Camisards Cévenols (de Saint-Jean du Gard).
La famille de Rossel est républicaine : son père, officier, refusa de prêter serment à Napoléon III.
Louis-Nathaniel Rossel est né le 9 septembre 1844 à Saint-Brieuc où son père est en poste en tant que chef de bataillon d'infanterie. Il suit des études au collège de La Flèche (Prytanée national militaire) dès 1855 et devient polytechnicien en 1864 (Promotion X1862).
Guerre de 1870
Il est, durant le conflit de 1870 opposant la France à l'Allemagne, Capitaine du génie à Metz avec la dernière armée française d'importance.
Il estime que la guerre peut encore être gagnée mais considère avec raison que certains hommes politiques (comme Adolphe Thiers) et des maréchaux (comme François Achille Bazaine) ne le souhaitent pas.
François Achille Bazaine, qui dirige le camp de Metz, n'ordonne pas d'offensive et finit par capituler tout à fait volontairement.
Louis-Nathaniel Rossel s'oppose alors à ce qu'il considère comme une trahison envers la patrie et le peuple.
Il souhaite donc faire juger Bazaine pour trahison. Ce dernier le fait emprisonner mais Rossel parvient à s'évader déguisé en paysan.
À la capitulation, le 29 octobre 1870, il s'enfuit vers la Belgique (il se base quelques jours à Bruxelles), passe à Londres où séjourne sa mère et rejoint le gouvernement provisoire basé à Tours.
Il souhaite alors s'entretenir avec Léon Gambetta et y parvient grâce à un ami polytechnicien.
Rossel essaye de convaincre Léon Gambetta (déjà favorable à la résistance) de continuer le combat. Mais Léon Gambetta, bien que d'accord, est assez seul au sein de son gouvernement.
Il fait donc rencontrer Louis Rossel au délégué du Ministre de la Guerre, Charles de Freycinet, protestant comme lui. Ce dernier, dans l'incapacité de situer lui-même les armées françaises et de les coordonner, accorde à Louis Rossel le soin d'examiner les armées du nord et de former des officiers.
Louis-Nathaniel Rossel s'y rend et revient quinze jours plus tard, estimant que sa mission est inutile et jugeant que la majorité gouvernementale a l'intention de laisser gagner l'Allemagne pour rétablir un ordre conservateur et moral. L'histoire confirmera ce jugement.
Rossel revoit alors Léon Gambetta et lui remet un rapport proposant des possibilités de reconduite du combat. Léon Gambetta n'a que peu de poids et ne donne pas suite. Ce dernier démissionne le 6 février 1871.
Louis-Nathaniel Rossel, quant à lui, est envoyé par un général au camp de Nevers avec le grade de colonel.
Commune de Paris
Le 18 mars 1871, Paris se soulève, Adolphe Thiers déplace son nouveau gouvernement à Versailles avec l'armée régulière. Il interdit la plupart des journaux contestataires et prend des mesures autoritaires.
Pour Louis Rossel, Adolphe Thiers pactise avec l'ennemi et abandonne le peuple.
Louis Rossel décide alors de rejoindre la Commune de Paris le 19 (ou le 20) mars 1871.
Au Comité de la Commune, Charles Delescluzes remarque Louis Nathaniel Rossel et devient son plus grand allié, jusqu'à la fin.
Le 22, il devient Chef de la 17ème Légion de la Commune.
Le 3 avril, il est Chef d'état-major. Il considère alors que la Commune court à sa perte si ses soldats ne s'organisent pas. En effet, la plupart désertent ou refusent tout combat alors même que l'armée régulière des Versaillais, très entraînée, se trouve aux portes de la capitale.
Louis Rossel devient Président de la Cour martiale le 14 avril mais démissionne quelques jours après, ulcéré par son manque de moyens et d'écoute. Le Comité de la Commune, allant en majorité dans son sens, le nomme Ministre Délégué à la Guerre en remplacement de Gustave-Paul Cluseret.
Mais, malgré tout, les moyens lui manquent et l'armée des Communards ne se bat guère (sur 40 000 hommes -et non 200 000 comme cela a souvent été avancé-, seuls quelques milliers se battent).
Louis Rossel ne souhaitant pas prendre le pouvoir total, il démissionne avec éclat mais ne fuit pas la Commune. Certains membres du Comité de Salut public veulent sa mort mais d'autres le considèrent comme leur seul espoir.
Louis Rossel reste à Paris, caché dans un hôtel du boulevard Saint-Germain. Il préfère être « du côté des vaincus, du côté du peuple ».
Les Versaillais l'arrêtent, le jugent deux fois. La famille nîmoise et cévenole de Louis-Nathaniel, des étudiants parisiens, des notables de Nîmes, de Metz, de Montauban, des Protestants, Victor Hugo, le Colonel Pierre Denfert-Rochereau (seul officier ayant réellement résisté et battu l'armée prussienne durant la Guerre de 1870 à Belfort ; ancien combattant de la Guerre de Crimée comme Louis Rossel, père de Louis Nathaniel ; et également Protestant), et de nombreux intellectuels le défendent, en vain.
Adolphe Thiers propose à Louis Rossel de le gracier s'il s'exile à vie.
Louis-Nathaniel Rossel refuse, voulant assumer ses responsabilités, ne voulant pas trahir son pays et ses convictions ni soulager la conscience de Thiers.
Il est fusillé le 28 novembre 1871, à seulement 27 ans, au camp de Satory.
Louis-Nathaniel Rossel est enterré au cimetière protestant de Nîmes, chez lui, à côté de sa sœur et non loin du tombeau familial Rossel-Dombre-Cadène. De très vives manifestations en sa faveur éclatent à Nîmes et dans tout le pays huguenot cévenol lorsqu’il y est enterré.
Durant le XXe siècle, Louis Rossel a « inspiré » quelques hommes politiques comme Charles de Gaulle ou Jean-Pierre Chevènement, mais a refusé que sa mort serve une quelconque cause politique.
Nicolas Cadène
(Vous pouvez trouver cet article également sur Wikipedia, où je l'avais rédigé de ma propre initiative il y a un an, ce n'est donc pas de la copie ! Merci. )
18:55 Publié dans Biographie | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Politique
